Wednesday, March 13, 2013

Une vendeuse inadaptée

Tanner, Alain – 1971 - La salamandre : http://www.youtube.com/watch?v=lvR7MjVehwU [7’49]
[extrait à rapprocher du livre « Lust » (Elfriede Jelinek)]
Personnages : Rosemonde (Bulle Ogier) ; Le patron du magasin de chaussures (Daniel Stuffel) ; La mère du patron (Violette Fleury) ; La mère de Rosemonde (Mista Préchac).
-Rosemonde : j’ai vingt-trois ans. Si j’étais née six jours plus tard, je m’appellerais… héliodore. J’ai des petits seins. J’aime bien la forme de mes jambes. J’ai les cheveux blonds. Depuis mon enfance, je me débrouille seule et ça me plait.
[Une femme apparait en arrière-plan]
-Femme : Tu es réveillée ? Il y a Estelle qui a quitté le magasin avant-hier. J’ai parlé de toi au patron. Il t’engagerait demain si tu veux [si tu voulais]. Ils ont tellement de peine à trouver des vendeuses !
-Rosemonde : tu lui as parlé de moi ?
-Femme : oui, il n’y a pas de problème, je t’assure. Je te donnerai un coup de main au début.
[La femme quitte la pièce]
-Rosemonde : Les gens détestent mon indépendance et essaient toujours de me briser. Ils disent de moi que je suis… paresseuse, sauvage, hystérique.

[1’32 : changement de lieu. Un magasin de chaussure]
-Le patron : vous avez trouvé ce qui vous convient, monsieur ?
-Client 1 : justement j’étais en train de demander si vous (n’) auriez pas (conditionnel de politesse) quelque chose d’un peu plus… enfin, dans le même genre mais un peu plus…
-Le patron : d’un peu plus habillé peut-être ?
-Client 1 : oui, c’est ça.
-Le patron [à Rosemonde] : Rosemonde, je vais m’occuper de ce monsieur. Il y a du rangement à faire derrière.
[Rosemonde quitte son tabouret et va dans l’arrière boutique].
-Client 1 : je voudrais (conditionnel de politesse) un cuir un peu plus souple. Peut-être un peu plus…
-Le patron : peut-être verni…

1’58--------------------[plan suivant dans l’arrière boutique, cadrage sur les fesses de Rosemonde, qui range des boites].

-Rosemonde : godasses, godasses, godasses, godasses (= chaussures)

2’09--------------------[plan de la caisse]

-La mère du patron : pourquoi tu engages toujours de jolies petites mômes qui (ne) savent rien faire ? Celle-ci, tu as vu sa robe ? Elle se croit à la plage.
-Le patron : écoute maman, tu sais très bien que les vieilles mémères ça fait plus vendre aujourd’hui.
-La mère du patron : hier ta nouvelle (employée) a dit à un client que les chaussures qu’il voulait étaient moches (=laides). Tu pourrais au moins lui dire (conditionnel de conseil) qu’elle se mêle de ce qui la regarde. Allez vas-y ! Allez, va lui dire ! Bouge-toi ! (impératifs)

2’34-------------------[le fils y va à contrecœur], [Rosemonde range toujours des boites]

-Le patron : Ça va, ça rentre ce métier ?
-Rosemonde : ça va.
-Le patron : ça vous dirait (=plairait, conditionnel) d’aller faire un petit tour en Alfa (-Roméo) un de ces jours ?
-Rosemonde : vous (n’) avez pas de moto ?
-Le patron : non, j’ai pas de moto.
-Rosemonde : Ben alors tant pis, vous irez faire un petit tour avec votre maman !
-Le patron : c’est malin !

3’12----------------------------[retour dans le magasin]

-Rosemonde : [masse langoureusement la cheville et le pied du client, qui sourit].
-Client 2 (moustachu) : je vous donne mon numéro de téléphone, ou vous me donnez le votre ?
-Rosemonde : [moqueuse] je vous donne mon numéro de téléphone, ou vous me donnez le votre ?
-Client 2 : non mais ça (ne) va pas non ? Vous (n’) êtes pas un peu cinglée ? (=folle)

3’43---------------------------[autre scène avec une jeune cliente en bottes]

-Rosemonde : c’est gentil ce truc-là. Ça vous va bien. [en lui caressant la cuisse]
-Cliente 3 : [étonnement, puis léger sourire]
-Le patron : [regarde]

4’03--------------------------[autre scène avec une cliente en jupe]

-Rosemonde : [lui masse le mollet]
-Cliente 4 : [criant] Qu’est-ce qui vous prend ? Vous êtes folle ? Monsieur ? Monsieur ! [Le patron arrive] Votre vendeuse se permet des gestes ! M’enfin c’est insensé, elle est complètement folle !
-Le patron : mais qu’est-ce qui s’est passé ?
-Rosemonde : c’est ma faute, vraiment, je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête… je suis désolée.
-Le patron [à la cliente] : vraiment… je sais pas, je m’excuse… euh. Je vais appeler une autre vendeuse [il fait signe à -Rosemonde de s’en aller, et la pousse légèrement. Il appelle une autre vendeuse]
-Cliente 4 : on n’a jamais vu quelque chose de pareil !
-Le patron : vraiment je suis désolé.

4’35---------------------------------[autre scène avec un client plus vieux, surveillée pas le patron]

-Rosemonde : [masse la cheville du client]
-Client 5 (vieux) : qu’est-ce que vous faite ?
-Rosemonde : [elle continue et remonte sur le mollet]
-Le patron : Rosemonde !
-Rosemonde : oui monsieur ?
-Le patron : venez ici !
-Rosemonde : oui monsieur !
-Le patron : [menaçant en chuchotant] vous ne resterez pas une minute de plus dans ce magasin ! Fichez le camp immédiatement !
-Rosemonde [fort] : oui monsieur !
-La mère du patron : [chuchotant] vous êtes complètement folle !
-Rosemonde [fort] : oui madame !
-La mère du patron : [chuchotant] vous n’êtes qu’une petite salope !
-Rosemonde [fort] : oui madame !
-Le patron [chuchotant] : allez fichez-moi le camp !
-Rosemonde [fort] : oui monsieur !
-La mère du patron : [prenant son fils à témoin] c’est incroyable
-Le patron : elle est complètement cinglée cette fille
-La mère du patron : complètement
-Le patron : c’est pas possible
-Rosemonde [mettant son manteau] : au revoir mademoiselle, au revoir monsieur, merci beaucoup beaucoup ! (la répétition de « beaucoup » donne un air enfantin qui fait effectivement penser à une folie douce…)

[5’48 : elle sort du magasin, virée, licenciée, renvoyée. Scène passée au ralenti de sa marche (envoie-t-elle tout valser ou a-t-elle le tournis ?) dans la foule, voix off et musique répétitive].
« Nous étions aujourd’hui le vingt décembre. Les fêtes comme on dit, se faisaient menaçantes à l’horizon. La marchandise imposait ses lois à la foule qui partait à l’assaut des magasins. C’était l’époque de l’année où se remarquait le mieux une tendance marquée à la schizophrénie. Un phénomène qui tendait de plus en plus à affecter le corps social tout entier. La neige n’était pas encore arrivée, ce qui était dans le fond normal pour la saison. »
[Musique rock. Rire de Rosemonde dans la foule]. Fin en 7’48.
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Ce passage traite simultanément d’une société machiste et capitaliste, dont la froideur est cachée par les codes de politesse et la musique feutrée du magasin.
Machiste : la recherche de possession sexuelle de la femme-employée, par le client ou le patron (qui met en avant son « Alfa Romeo »). En contrepoint, l’échange de sensations (massages et caresses des pieds) est successivement compris par les clients comme des avances (l’homme moustachu), une possibilité lointaine (la femme aux bottes), un geste déplacé (la femme en jupe) et enfin un geste incompris (le vieux). Le spectateur est bien sûr renvoyé à ses propres codes.
Capitaliste :  la société de surconsommation est rendue présente par les rayonnages de boites de chaussures. Notez aussi que les vendeuses sont interchangeables, donc sont elles-mêmes des objets!
La politesse surjouée à la fin de la scène, marque une défiance de Rosemonde envers le vernis social.
Qui est vraiment le plus inhumain ? Qui est vraiment inadapté?

Activité :
Que pensez-vous des réactions des quatre clients ?
Vous pouvez les comparer :
« le moustachu (client 2) est plus vif que le vieux (client 5) : il pense que Rosemonde lui fait des avances ». « La jeune femme (cliente 3) prend le massage avec davantage de délicatesse que la femme en jupe (cliente 4). »
Ou utiliser des superlatifs :
« Le moustachu est le client qui correspond le mieux au modèle du macho ». « La cliente en jupe est la plus virulente de tous » (au masculin car il y a deux hommes dans le groupe de clients).
Comment auriez-vous réagis ? Quel est le client le plus proche de vous ?
Inventez votre propre intervention.
Bon travail,
Philippe le 13/03

Wednesday, March 6, 2013

Politique de l'enfance

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, pour prolonger notre travail de lundi sur les comparatifs (plus que, moins que, autant que) ou sur les superlatifs (le plus, le moins, ...), je vous propose un extrait long (mais beau).

François Truffaut – 1976 - L’argent de poche – scène de philosophie sociale avec Jean-François Stevenin et les enfants [3’30].

La version "youtube" contient des sous-titres en anglais.
J'ai fait une transcription détaillée pour vous expliquer la version française.


L'exercice est en bas de page. Bon travail!
Philippe le 06/03

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Transcription surlignée : [_] adverbes comparatifs ; [_] mots de liaison (« et » exclu) ; [_] adverbes (ne…pas exclus).
NB : Présence de beaucoup de mises en relief pour souligner le propos : « c’est… qui… ».
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J’ai eu une enfance pénible. Enfinmoins tragique que celle de Julien, mais, pénible. Il compare ici la « qualité » des enfances, en comparant des adjectifs (pénible < tragique). « Enfin » et « mais » nuancent le propos : « mais pénible » est à comprendre comme « mais quand même pénible » ou « mais suffisamment pénible ».
Et je me souviens que j’étais très impatient de devenir adulte parce que je sentais que les adultes ont (« avaient » à l’écrit) tous les (déterminant défini, totalité) droits, qu’ils peuvent (« pouvaient » à l’écrit) diriger leur vie comme ils l’entendent (« entendaient » à l’écrit). « Comme » permet ici de préciser comment les adultes peuvent diriger leur vie, à savoir : « librement ». NB : le sujet (ils) est le même des deux côtés de la comparaison. Modèle productif pour des proverbes : « il ment comme il respire ». Alors que dans « il est bête comme ses pieds », « bête comme ses pieds » constitue un groupe : « il l’est ».
14’’ : Un adulte malheureux, peut recommencer sa vie ailleurs, peut repartir à zéro. Un enfant malheureux ne peut pas avoir cette pensée. Ici la modalisation avec « pouvoir + Vinf » est à souligner : l’adulte peut [recommencer] ou peut [ne pas recommencer] ; l’enfant, lui, [ne peut pas] recommencer. 4e cas : X ne peut pas ne pas recommencer (=est obligé de recommencer).
Il sent qu’il est malheureux, mais il ne peut même pas mettre un nom sur son malheur. Et surtout, nous savons qu’à l’intérieur de lui-même, il ne peut même pas remettre en question les parents ou les adultes qui le font souffrir. Un enfant malheureux, un enfant martyr, se sent toujours coupable. Et c’est cela qui est abominable.
41’’ : Parmi (= au sein de ; dans le groupe de) toutes les injustices qui existent dans le monde, celles qui frappent les enfants sont les plus injustes, les plus ignobles, les plus odieuses. Superlatifs. « ignoble » = d’une bassesse extrême (s’oppose à « noble ») ; « odieux » = qui déclenche (suscite) la haine, le dégoût. On aurait pu écrire : « les plus injustes, les plus ignobles, les plus odieuses DES injustices qui existent dans le monde, sont celles qui frappent les enfants. »
48’’ : le monde n’est pas juste et ne le sera jamais ! Mais il faut lutter pour qu’il y ait davantage de justice. Il le faut ! On doit le faire ! Déterminant de comparaison à ne pas confondre en orthographe avec « d’avantages » : « elle avait trop d’avantages pour en avoir davantage » (Bobby Lapointe).
57’’ : les choses bougent, mais pas assez vite. Elles s’améliorent, mais pas assez vite. (La phrase complète : « les choses bougent mais elles ne bougent pas assez vite » est en partie sous-entendue). Rappel : « vite » n’est pas un adjectif (contrairement à « rapide ») mais un adverbe (comme « rapidement »).
Les politiciens, les gens qui nous gouvernent, commencent toujours leurs discours en disant : « le gouvernement ne cèdera pas à la menace ! ». Mais en réalité c’est le contraire ! Ils cèdent toujours à la menace, et les améliorations ne sont obtenues que parce qu’on les réclame fortement. Depuis quelques années, les adultes ont compris et ils obtiennent dans la rue (= ils manifestent), ce qu’on leur refuse dans les bureaux (= l’administration, le gouvernement).
1’18 : Si je vous raconte tout ça, c’est pour vous montrer que les adultes lorsqu’ils le veulent vraiment, peuvent améliorer leur vie ; peuvent améliorer leur sort. Mais dans toutes ces (déterminant) luttes, les enfants sont oubliés. Il n’existe aucun parti politique (négation du nom) qui s’occupe réellement des enfants. Des enfants comme julien ou des enfants comme vous. (Ici, « comme » exprime la conformité de « julien » ou de « vous » à la catégorie « enfants », c’est un comparatif global).  
1’37 : il y a une raison à cela : c’est que les enfants ne sont pas des électeurs. Si on donnait le droit de vote aux enfants, vous pourriez réclamer euh, davantage de crèches, davantage d’assistantes sociales, davantage de n’importe quoi, et vous l’obtiendriez, car les députés voudraient avoir vos voix ! Par exemple, vous pourriez obtenir le droit d’arriver une heure plus tard à l’école, en hiver, au lieu de venir, euh, en courant dans la nuit.
[pause]
2’01 : je voulais vous dire aussi(que) c’est parce que je garde un mauvais souvenir de ma jeunesse, et que je n’aime pas la façon dont on s’occupe des enfants, que j’ai choisi, moi, de faire le métier que je fais : être instituteur. La vie n’est pas facile, elle est dure. (Gradation) Et il est important que vous appreniez à vous endurcir pour pouvoir l’affronter. Attention, je ne dis pas à vous durcir, mais à vous endurcir.
2’22 : par une sorte de (déterminant composé) balance bizarre, ceux qui ont eu une jeunesse difficile, sont souvent mieux (= plus bien) armés pour affronter la vie adulte, que ceux qui ont été très protégés ou… très aimés. C’est une sorte de loi de compensation. La vie est dure, mais elle est belle, puisqu’on y tient tellement. Il suffit qu’on soit obligé de rester au lit à cause d’une grippe ou d’une jambe cassée, pour s’apercevoir qu’on a envie d’être dehors, de se balader, pour s’apercevoir qu’on aime vraiment beaucoup la vie.
[L’instituteur quitte son bureau et avance entre les tables]
2’52 : Bon. Maintenant vous allez tous (pronom sujet « vous tous ») partir en vacances. Vous allez découvrir des endroits nouveaux, des gens nouveaux, et puis à la rentrée vous passerez tous dans la classe supérieure. Je vous signale que les classes seront mixtes l’an prochain. [Rires des enfants].
Et puis vous verrez le temps passe très vite et un jour, vous aurez aussi (pronom sujet « vous aussi ») des enfants. Alors j’espère que vous les aimerez et qu’ils vous aimeront. A vrai dire ils vous aimeront si vous les aimez et si vous ne les aimez pas, ils reporteront leur amour ou leur affection, leur tendresse, sur d’autres gens ou sur quelque chose d’autre. Parce que la vie est ainsi faite qu’on ne peut pas se passer d’aimer et d’être aimé.
[fin en 3’31]
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Je vous propose de parler pour les enfants de cette classe et d’écrire une courte lettre destinée à revendiquer (= à demander) des droits que vous n’avez pas.
Obligation : utiliser dans la lettre des comparatifs et des superlatifs pour décrire votre situation.
Exemple :
Cher directeur,
C’est vrai que nous avons la chance d’être moins nombreux dans les classes que les enfants africains,
C’est vrai que nous avons plus chaud que les enfants du Groenland,
C’est vrai que….
Mais,
Nous ne somme pas les plus… parmi tous les enfants du monde !
Nous ne sommes pas les moins… de tous !
Donc,
Nous demandons davantage de… ; plus de… ; moins de…
Nous souhaitons autant de… que…
En espérant être compris,
Les enfants du CM2 (last grade of the primary school)



Thursday, February 28, 2013

Un peu de sadisme

Bonjour à tous,

Je me sens ce matin l'esprit sadique. C'est comme ça. Aussi je vous propose deux extraits (très courts) qui permettent un travail d'humour noir...

AUDIARD_Michel-1968- « Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages »
[Charles (Bernard Blier) récapitule pendant que son voisin de gauche se ronge les ongles et que le voisin de celui-ci tripote un jeu de cartes. Un cendrier est posé sur le jeu de roulette qui sert de table de réunion.]
« Bon. Je récapitule dans le calme. On la débusque, on la passe à l’acide, on la découpe au laser, on la dissout, et on balance ce qui reste dans le lac Daumesnil. »
L’humour (noir) de cette scène repose sur le contraste entre le calme et la froideur du plan élaboré par ces gangsters et l’horreur de ce qu’ils prévoient (deshumanisation de « la » et accumulation d’actions destinées à des choses ou à des animaux) !
Utilisation :
-          Les pronoms compléments : de qui parle Blier ?
-          Pronom sujet : qui va faire l’action ?
-          Les verbes : récapituler, débusquer, passer, découper, dissoudre, balancer. NB : récapituler est ici employé à la forme intransitive.
-          Pronoms relatifs : « ce qui reste ».
Récapituler (trans. Ou intrans.) : reprendre par le début, résumer. On y retrouve « chapitre » et en-dessous, capitulum (latin), petite tête.
Débusquer qqn : chasser une bête hors de son refuge. Etymologie : desbuquer (16e), doublet de debucher, refait sur le modèle de (s’)embusquer (se poster en embuscade), de l’A.F embuschier (12e), sur le modèle de l’italien imboscare (13e), dérivé de bosco, bois, du latin vulg buska, d’origine germanique. (Voir les formes germaniques : bush, busch ; et romanes : bosco, bosque)(CNRTL).
Passer qqn à qqch : Ici le sens est construit par analogie à « passer qqch à/dans/sur qqch » et devient « passer qqn à/par qqch ». Autres exemples : passer qqn par les armes ; passer qqn à tabac. Faire la nuance entre « passer de + art. + matière + sur qqn » et « passer qqn à qqch »  (« passer de la pommade à qqn », « passer un savon à qqn »)
Découper qqch : couper en morceaux, en suivant certaines règles. (Evidemment on découpe habituellement quelque chose… et non pas quelqu’un).
Dissoudre qqch : désagréger, décomposer, souvent au contact d’un liquide. Le sens figuré est employé pour parler de la fin d’un gouvernement, d’une assemblée, d’un groupe : « le groupe de travail a été dissous ». Attention : je dissous… nous dissolvons (2 bases) et un participe passé « dissous » (et non pas dissolu !). Il ne se conjugue pas comme coudre : je couds… nous cousons.
Balancer qqch : envoyer avec un geste d’aller-retour, jeter. (Une balançoire).

Activité :
Je vous propose de chercher quelques verbes liés au jardinage (ratisser, semer, greffer, bêcher) ou à la menuiserie (clouer, percer, visser, fixer) et d’écrire deux lignes sur le modèle que nous venons de voir. (Bien entendu on parle de quelqu’un «le/lui », « la/elle », « les/eux »)…

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2e extrait et activité
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AUDIARD_Michel – 1970 - « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause »
http://www.youtube.com/watch?v=LcvjEB1F-B8 [Extrait de 1’03 à 1’24]
[Le téléphone sonne (hors-champs) dans un salon. M Liethar (Bernard Blier) prie pendant qu’il se dirige doucement vers le téléphone].
« Ô mon Dieu, faites que ça soit pas ça ! Je vous promets de m’amender ! Je ferai dire des messes pour le repos de l’âme de ce brave monsieur Gruson. J’irai plus chez Lucette ! J’écrirai plus de lettres anonymes ! Je volerai plus dans la caisse ! Ô mais faites que ça soit pas ça ! »
[Le téléphone sonne à nouveau, dernier sursaut].

Quelques explications :
Causer : parler (argotique). Ici l’emploi est intransitif, ce qui insiste sur l’action de parler plutôt que sur la personne à qui l’on parle !
S’amender (emploi pronominal du verbe amender) : s’améliorer, se corriger. Une amende est une peine matérielle (argent) ou morale (s’auto-critiquer, faire amende honorable). A ne pas confondre avec l’amande, le fruit de l’amandier ou plus généralement la graine contenue dans un noyau. 
Faire dire une messe : payer un curé pour qu’il dise une messe dans un but précis.
Le repos de l’âme : la mort…
Anonyme : sans nom. Ne pas confondre avec synonyme.
Titre du film : « elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause ».
Le titre est écrit dans un style oral, puisque la première partie de la négation « ne » n’apparait pas. L’accumulation des vices (boire, fumer, draguer) donne à la concession (mais elle cause) une valeur énorme.  NB : on ne confondra pas « causer/parler » et « causer/être la cause de » ! « Elle me cause de ses ennuis » / « elle me cause des ennuis ».

Utilisation :
Modèle décalé de prière : « Ô mon Dieu », vouvoiement, impératif + subjonctif (faites que ça ne soit pas ça), promesse (je vous promets de), emploi du futur (je ferai…). Résolutions : utilisation de la locution adverbiale « (ne)… plus » qui traduit un changement d’attitude.
Activité :
Ecrire une prière décalée à un haut responsable (président, patron, les imôts), qui reprenne la forme classique d’une prière mais qui véhicule des idées ou des actions très répréhensibles (mauvaises, diaboliques, tordues, vicieuses, perverses…).

A lundi, bon travail, laissez parler vos penchants (vos travers, votre côté, votre caractère) tordu!
Philippe le 28/02

Wednesday, February 27, 2013

Commentaires des productions du 25/02

Bonjour à tous,

Je fais aujourd’hui une réponse générale parce que les couleurs ne passent pas dans les réponses individuelles…
Globalement, vous avez tous fait la même erreur de syntaxe en ce qui concerne le placement des adverbes avec les temps composés (passé composé, plus que parfait) et avec les constructions de type attribut.
Par exemple :
Je mange goulûment / j’ai goulûment mangé
Je sais nager / je ne sais pas nager
*Je suis horriblement ; ne se dit pas ! « Je suis horrible » ou alors « je suis horriblement prétentieux ».

Ci-dessous, les corrections (en rouge) et les commentaires ou autres propositions (en vert), dans l’ordre de vos productions :

Katarina

LE CORNIAUD
Le vacancier rentre chez lui en portant le volant dans ses mains.
C: Oh, M. Maréchal, vous êtes rentrés déjà?
Si tu emploies le passé composé : «  … vous êtes déjà rentré ? » (adverbe toujours entre l’auxiliaire et le participe passé) ; mais en fait on dirait plutôt : « … vous rentrez déjà ? » (en effet, l’action n’est pas finie).

V: Mais oui oui, je me suis ravisé au dernier moment. Je ne veux pas plus faire l'Italie. En plus de ça, j'ai réfléchis un peu, je voudrais rester içi et passer mes vacances tranquillement.
C: Ben, monsieur, mais où sont votres
vos bagages (toujours pluriel !) ? Et votre voiture, vous l'avez laissée où?
V: J'ai décidé de vivre légèrement, j'ai marché, c'est bien pour la santé, n'est-ce pas?
C: M. Maréchal, vous me paraissez nerveux, ce n'est pas la
vérité, ce que vous dites! Dites-moi, qu'est ce qui c'est s’est
passé? Où est votre voiture?
V: Voici ma voiture (en lui donnant le volant), c'est ça ce qui est resté
c’est tout ce qui reste de ma voiture! Et qu'est-ce que je vais faire maintenant? C'est tous grace à Tout ça à cause de cet idiot de président directeur général, M.Saroyan! (« cet idiot de… cet imbécile de… ce prétentieux de… » sont des tournures très intéressantes à mémoriser pour dénigrer quelqu’un, même si elles sont familières).

C: M.Saroyan? Ah j'ai entendu parler de lui, c'est un homme très poli,
mais… je n'ai pas entendu que des bonnes choses ! (le « mais » signale une restriction).
V: Mais
manifestement, vous ne le connaissez pas. Vous auriez dû voir comment il parlait: effrontément (signifie plutôt que l’on manque de respect envers un supérieur ou un ainé, or le vacancier n’est ni l’un ni l’autre), arrogamment (plutôt « avec arrogance »), avec assurance... (d’un air supérieur) Vous l'avez vu quand il m’a tendu sa carte ?
C: Peu probablement
(ne s’emploie pas avec le « peu », alors qu’on peut dire « très probablement » ici cependant, il est peu probable que « C » l’utilise, puisqu’elle sait qu’elle ne l’a pas vu. Elle dira directement : , je n'avais jamais je n’ai jamais eu l'occasion de lui LE
rencontrer, malheureusement.
V: MalheureUsement? MalheureUsement?! Et moi, je suis heUreux indescriptiblement
(je suis indescriptiblement heureux)
parce que j'avais l'occasion de rencontrer M.Saroyan ! Évidemment, j'éclate de la joie!
C:Tranquillement,
Doucement, M. Maréchal. D'abord, racontez-moi tous ce qui c'est passé, et après, on ira ensemble chez M.Saroyan.

Katarina, il y a beaucoup de rouge sur ton texte parce que j’ai (presque) tout corrigé. Mais rassure-toi, l’ensemble est bien. Il te faut quand même faire attention au placement des adverbes lorsque les temps sont composés : « vous rentrez déjà » ou lorsqu’ils précisent un attribut « je suis indescriptiblement heureux ». Tu as compris leur construction, mais leur usage est capricieux : arrogamment ne se dit pas et tranquillement se dit, mais… pas ici.

LA GRANDE VADROUILLE
Deux femmes sont rentrées de la
du cimetière toutes effrayées. Le vent soufflait ce jour-là et la bougie s'est éteinte. Elles racontent ce qui s'est passé à leurs maris:
F1: Moi, j'avais la bougie dans ma main. Soudain, le vent froid a soufflé bruyamment. J'ai vu que Monique me regarde étonnamment
me regardait avec étonnement. Je pense qu'elle a vu quelque chose j’ai pensé qu’elle avait vu quelque chose. Alors j’ai dit :
« Monique, qu'est-ce que tu as vu? »
F2: Je n'ai rien vu
Moi je n’avais rien vu. Mais je m'est senti anxieusement je me sentais anxieuse. Et la bougie s'est étainte soudainement éteinte. Et au à ce moment-là, j'ai sûrement de manière certaine,
entendu une voix horrible. Mais je ne sais pas ce qu'elle a dit.
F1: Oui, il me paraît que moi aussi, j'ai
certainement entendu une voix. C'était la voix d'une femme, vraisemblablement. Je pense qu'elle a dit: « Gardez-moi ! » Et toi, Monique, tu n'as
vraiment rien vu?
F2: J'ai vu quelque chose
d
’indéfini. C'était blanc, mais mes yeux se sont fermés quand le vent a soufflé.
F1: Tu pense
s que tu as
vu un revenant? Un fantôme?
F2: Sûrement,
Certainement. C'était l'ombre d'une femme. Je n'en doute pas. Elle voulait nous dire quelque chose à nous (quand le verbe se construit avec deux compléments (Dire qqe chose à qqn), le pronom complément doit se mettre avant le verbe : elle nous le dit, elle nous le donne, elle nous le prête, MAIS elle pense à nous) Nous devions aurions dû (conditionnel passé) l'écouter et pas courir follement !

En ce qui concerne le sens, tu as choisi un exercice difficile, puisqu’il s’agit de deux femmes qui racontent une histoire dialoguée au passé… Les concordances de temps sont donc à respecter et à mêler à des citations (« … ») au présent. (Discours direct et indirect).
Pour ce qui est des adverbes, « sûrement » est en fait moins certain, moins ferme, que « certainement », lui-même moins assuré que « de manière certaine ». Or ici, elle est affirmative. Voir dans la phrase d’après le « certainement » qui permet d’entretenir un doute !
Sens-tu la différence entre : « Monique, étonnamment, me regardait » et « Monique me regardait avec étonnement » ? (Dans le 1er cas c’est la personne qui parle qui est étonnée, dans le second, c’est Monique qui était étonnée). Comparer aussi « je me suis anxieusement sentie » et « je me suis sentie anxieuse ».

Attention à la marque de la 2ème personne : « s » !

La consigne de l’exercice (difficile) était de construire une progression, une exagération, grâce aux adverbes. Ici on sent bien que le vent devient un fantôme, mais pas forcément grâce aux adverbes. Tu aurais pu jouer sur les adverbes exprimant les degrés de certitude : (+) sans aucun doute, très certainement, probablement, sûrement, peut-être, probablement (-)…
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Bojan

Le corniaud

C: Oh, mon dieu, qu'est-ce que
qu’il se passe ?
V: Une catastrophe ! La catastrophe !!!
C: Mais ou
est votre voiture ?
V: Je n'ai pas plus de voiture. Quel homme horrible !
C: Un homme horrible ?
V: Qui,
Oui, (un homme) horrible ! Il a frappé négligemment frappé
ma voiture avec sa limousine. Et maintenant elle va marcher beaucoup moins bien forcément ! Et ensuite il m'a parlé méchamment !
C: Oh, mon dieu! Mais vous êtes
allez
bien ?
V: Non, je ne suis pas bien, évidemment ! Maintenant je ne peux pas
plus
faire l'Italie !!!

C’est bien, mais attention à la nuance entre « pas » et « plus » : « plus » exprime un changement, alors que « pas » traduit la continuité.
L’adverbe se place entre l’auxiliaire et le participe passé : « il a négligemment percuté ma voiture avec sa limousine ».

Une exagération

J'ai eu un examen hier. C'était bien. Mais
Enfin… pas vraiment... La chambre salle n'avait pas de fenêtres... et rétrospectivement ma tête me faisait souffrir extraordinairement souffrir. Et le proffeseur professeur marchait parmi nous sans arrêt. Et il semblait dangereux. Il a crié bestialement à nous il nous a bestialement crié dessus. Et il avait un fusil à la main. Une mitrailleuse. Avec lanceur de flamme un lance-flammes! C'était horrible. C'était apocalyptique ! Puis la sonnerie a retenti et je me suis levé pour rendre ma copie.
NB : le verbe « crier sur qqn » devient, quand on le pronominalise, « crier dessus » : il a crié sur moi / il m’a crié dessus.
Lorsqu’on parle de sensations de son propre corps, on rajoute un pronom lorsque la partie en question est « sujet » : j’ai mal au bras / mon bras me fait mal ; je souffre du dos / mon dos me fait souffrir ; PAR CONTRE, quand l’action a manifestement été faite par quelqu’un d’autre, on dira : je me suis cassé la jambe / ma jambe a été cassée ; je me suis tordu le doigt / mon doigt a été tordu (par qqn) ou mon doigt s’est tordu (malencontreusement)…

Bon travail ! Philippe
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Lovro

Je n'ai
pas écrit pas le corniaud parce que je n'ai pas compris pas l'exercice. Pardonnez-moi.
Et l'autre exercice est très simple, j'espère que ça suffit.

Dans l'école:
-Alors, Marie, pourquoi est-ce que tu n'ai
as
pas fait tes devoirs cette fois?
-J'ai les
je les ai faits et j'ai mis mon cahier sur la table quand j'ai les je les ai finis. Un moment plus tard, quand j'ai je suis revenu dans ma chambre, le cahier n'y était plus . Mais j'ai-je l’ai trouvé le coupable. C'était la souris.
-Qui ? Le cahier ?
-Non, le coupable ! Ou plutôt, LA coupable. C’était la souris.
-La souris ? Marie, je ne comprends pas.
-La souris a mangé mes devoirs, c'est incroyable. Il y a un true
trou dans la le mur derrière ma table, c'est où elle habite. On entends l’entend souvent la souris crier et c'est le signe de sa colère. Elle a faim et ensuite elle attrapes attrape (elle vole, elle prend) quelque chose de ma chambre. J'ai déjà perdu déjà une robe très belle que ma grand-mère a m'a (m’avait) achetée, des épinards quels que ma mère a (avait) préparés pour le petit-déjeuner et présentement mes devoirs ont disparu. J'ai peur que moi-même disparaîtrai un jour. (tournure difficile : avoir peur de + verbe à l’infinitif : « j’ai moi-même peur de disparaitre un jour »).

Très bien ! Très drôle !
Attention cependant, les pronoms compléments se placent avant le verbe (même composé) alors que les adverbes (dont la négation) se placent entre l’auxiliaire et le participe passé :
J’ai mangé le morceau de fromage / je l’ai mangé
J’ai mangé le morceau de fromage, je te le jure / je l’ai vraiment mangé !
J’ai fait mes devoirs / je les ai faits
Je suis fatigué / je suis beaucoup fatigué (ici adverbe sur l’attribut)

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Sara Rožić

1) Les vacances

Antoine Maréchal est
revenu à la maison avec seulement son appareil photo autour du cou. La concierge est surprise.
C: M. Antoine vous êtes
déjà de retour? Je pensais que l'Italie est loin de là était plus éloignée..
.
Antoine: Oui, je suis de retour, tu veux voir les photos de mes vacances?
[Antoine montre
à
la concierge les photos d'une voiture cassée].
C: Mais, monsieur, c'est horriblement
horrible (jamais d’adverbe après « c’est »), ce qui s'est passé ! (Si c’est une question, « qu’est-ce qui s’est passé ? »)

Antoine: Eh bien, ma chèrie
(chérie ou chère… donc « chère » puisqu’il parle à sa concierge), j'aime juste de passer mes vacances dans cette Italie.(je me contenterai de passer mes vacances italiennes à la maison.) Ici, je peux faire moi-même des spaghettis délicieux délicieuses et prétendre que je écouter j’écoute de la musique italienne.
[Antoine se met à pleurer immédiatement.]
C: Ne vous inquiétez pas monsieur, nous trouverons que l'homme terrible
(l’horrible chauffard)
qui est responsable de l'accident. Je vais lui faire payer le voyage en Italie, pour vous et moi!
Antoine: Honnêtement? Et comment tu vas faire cela?
C: Je vais lui faire mes meilleures crêpes!
Antoine a fait un câlin à sa concierge. (Antoine)
Il se sentait maintenant fort et heureux. (NB : si l’on ne rajoute pas « maintenant », qui change le point de vu de l’énonciation, il faut dire : « Antoine a fait un câlin à sa concierge, puis s’est senti fort et heureux »).

Très bonne création !

2)Une exagération

Dans le
Au milieu de la nuit, le jeune garçon Mathias vient pleurer à ses parents.
Mathias: Mère j'ai peur! Il y a quelqu'un sous mon lit!
Mère: Mathias, calmais-tu
calme-toi (impératif)
et dis-nous ce que tu as vu.
Mathias: Je dormais et j'ai entendu un peu de bruit. Il était étrangement
étrange (jamais d’adverbe comme attribut). Comme un jeune ours, comme un lion! J'ai vu dans le noir pour ses petits yeux jaunes qui me fixaient. Ils ont été regardant droit dans les yeux de me. Two Deux ronds jaunes grands comme des pastèques. Il était noire tout noir, à l'exception des horribles et énormes yeux jaunes! Il a été lentement venir à est lentement venu vers moi, comme un serpent, comme un tigre fonctionnement, un
grand et rapide dinosaure!
Dans la pièce
chambre de Mathias quelque chose trashes s’écrase (heurte) bruyamment sur ​​le sol. Sa mère tourne va rapidement dans la chambre et allume la lumière. Il était le C’était son frère aîné qui se cacher cachait sous le lit et essayait de sauter sur la table pour faire peur à Mathias plus peur.

Bien ! On sent bien la gradation, même si celle-ci ne passe pas que par les adverbes.
Dans la dernière phrase, il s’agit d’une mise en relief classique : « C’est … qui … ». Attention alors à la concordance des temps : « c’est son frère qui se cache sous le lit » / « c’était son frère qui se cachait sous le lit ».

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Elena

Une exagération

Une femme parle de sa journée :
C'était une bonne journée.
J'ai mangé la tarte aux pommes et j'ai été malade. (Si l’on sait de quelle tarte on parle, c’est juste. Sinon, « … de la tarte… »)
Je suis allée chez le docteur et je suis tombée dans les escaliers.
Je me suis cassé mon le bras, mais c'était ok parce que j'étais inconsciente et il n'a pas blessé. Cela ne m’a pas fait souffrir.
Quand je me suis réveillée, mon sac avait disparu.
Mes souliers ont été volés aussi.

Une journée de rêve… On sent bien la progression catastrophique, mais tu n’as pas vraiment utilisé d’adverbe.
Je te conseille d’écouter une vieille chanson française qui reprend ton idée : « tout va très bien, madame la marquise » !

Le corniaud

Concierge: Monsieur! Qu'est-ce que vous faites ici?
Corniaud: Je suis de retour! Ça fait 3 semaines! Est-ce que t'ai manqué?
Concierge: Monsieur, vous plaisantez? Vous avez
êtes parti il y a 5 minutes!!
Corniaud: Qu'est-ce que tu veux dire? J'étais en Italie. J'étais bronzage
je me suis fait bronzer
! Regarde ma peau!
Concierge: Mon dieu! Suis-je fou
folle
 ?
Corniaud: Probablement!
Concierge: Mais, où est votre bagage?
(bagages est pluriel : « où sont vos bagages ? »)

Corniaud: Ah! C'est une bonne question! Je ne sais pas.
Concierge: Laissez-moi vous regarder. Vous n'avez pas un bronzage! Vous avez des ecchymoses!
Corniaud: Quoi?
Concierge: Et où est votre voiture?
Corniaud: Ma voiture? Ah oui, je me souviens maintenant! J'ai eu un accident! Ma voiture a explosé et
s’est complètement effondrée complètement!
Concierge: Je vais appeler le docteur!

Très bonne idée !
Rappel : les adverbes se placent entre l’auxiliaire et le participe passé lorsque le verbe est au passé composé : « elle s’est complètement effondrée », « elle a vraiment apprécié votre travail »…
Le verbe « bronzer » est pronominal (et même passif) : se faire bronzer.

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C : Oh, bonjour, vous êtes revenu très vite... (ses yeux regardant suspicieusement)
(uniquement à l’oral… sinon, l’adverbe se place entre l’auxiliaire et le participe passé : vous êtes très vite revenu).
V : (jette sa veste imprudemment) Mes plans
sont drastiquement (profondément) modifiés dynamiquement... même règle de placement que pour les temps composés, ici avec un attribut du sujet : « mes plans sont + ADV + adjectif », l’adverbe précise l’adjectif.
C : Oh ? Comment ?
V: J'ai commencé avec des interactions trop tôt.
(je ne comprends pas le sens) Et c’a ça a fini gravement.
C : bien bien mon monsieur, dis-moi
(dites-moi)
enfin ce qui s'est passé ??
V : C'était un homme très riche. Sa voiture était indubitablement ferme
(solide), bien sur, plus ferme (solide) que ma voiture..(la mienne)

C : Oh, no..
V : Oh, oui
si. Et son attitude m’a définitivement, (vraiment beaucoup) ennuyé completement... Il m'a insolemment donné sa carte de visite insolemment. C'était vraiment humiliant..
C : Peut-être vous devriez un peu
vous reposer et tout vous semblera plus prometteur. (à l’oral uniquement, sinon on inverse sujet et verbe après « peut-être » : « peut-être devriez-vous vous reposer un peu… »)

V : Pf, comment infantilement
(comme si je retombais en enfance ?)

Un peut plus tard...

V: O, j'ai presque oublié. Comment trouvez-vous le notre
nouveau cuisinier noveau ?
C : Hm.. Ce que je peux
en dire ? Il est parfait, incroyable.. (« en » remplace « le nouveau cuisinier »).

V : Oh, Dieu merci, finalement quelque chose marche bien.
C : Oui oui... Les invites
(?) marchent bien à partir de la cuisine.. J'avoue, lui qu’il fait le café parfaitement. Mais, sa soupe est un peu moins parfaite, ses canards et les ses patates sont tres encore moins parfaites, et (quant à) ses gâteaux... ils sont incroyablement moins parfaites parfaits... Ils sont c’est de la parodie de gâteaux

Très bonne progression grâce à des adverbes comparatifs !
« très moins » ne s’emploie jamais.
Les adverbes qui modulent l’adjectif « parfait » créent un effet comique. En réalité, on ne peut pas moduler la perfection : une chose ne peut pas être très parfaite…